Marre d’avoir peur? Fatigué d’être en colère?

« Je veux que vous me débarrassiez de ma peur ! Faites-moi un truc là, que je puisse retrouver ma zénitude de l’autre fois »

C’est la demande de T. que j’accompagne dans le cadre d’une préparation à un concours.

Et je suis sûre que vous aussi, vous vous êtes déjà retrouvé dans cette situation. A être submergé par une émotion, avoir l’impression d’être noyé, de s’y perdre. Que ce soit de la peur, de la colère ou de la tristesse… Certains ont le souffle coupé, d’autres une boule au ventre, d’autres encore l’impression que leur tête va exploser, ou leur ventre se liquéfier.

quand la peur, la tristesse ou la colère s’invitent dans notre quotidien

Alors, … alors c’est une demande tout à fait compréhensible et très fréquente. Il nous arrive souvent d’être submergés par nos émotions et c’est très inconfortable. C’est tellement inconfortable que vous voyez fleurir sur le net et sur Facebook des offres alléchantes pour « contrôler » ou « dominer » vos émotions. 

Dans cet article je vous donne un aperçu de ce qui peut être pratiqué en hypnose ou en thérapies brèves, que ce soit à la Réunion ( 974) ou ailleurs quand nos émotions nous submergent, nous envahissent, nous hantent.

C’est très inconfortable cette sensation et c’est même désagréable. On a cette impression de ne plus être en contrôle, comme si on était dominé par quelque chose, ou par quelqu’un… Quelle horreur …

Ne plus être en contrôle de notre propre corps ! Celui-là même qu’on a appris à dompter depuis notre plus tendre enfance… Apprendre à maitriser sa vessie, quand on est jeune enfant, à ne pas pleurer, quand on entre à l’école, à ne pas rougir quand notre coup de cœur nous jette un premier regard, à ne pas paniquer lors de nos premiers examens, à ne pas hurler de douleur lors d’un accouchement, ou se répandre en larmes quand on perd un être cher. Tout cela parce qu’il faut savoir se tenir, parce qu’on ne pleure pas en public, parce qu’il faut être fort et montrer l’exemple, parce qu’on n’est pas le premier à vivre ça, ni le dernier, parce qu’on ne nous a pas éduqué comme ça, parce que dans notre société, ça ne se fait pas, parce que… parce que … parce que … il y a des milliers de raisons

Même dans le champ des thérapies brèves, qui pourtant m’est si cher, il y a une multitude de techniques et de protocoles pour apprendre à se libérer de cette « emprise ». Et tous ces protocoles, toutes ces techniques peuvent avoir un intérêt.

 Elles peuvent être très efficaces et c’est très bien. 

Dans certaines situations, elles vont apporter un réel mieux être à la personne, et grandement améliorer ses conditions de vie.

Mais voilà, il y a émotion et …émotion … Il y a submergé et … submergé… 

Non je ne suis pas folle, non, je n’ai pas oublié ou raté un copier coller sur mon ordinateur, et non je ne me moque pas de vous.

C’est là, toute la « valeur ajoutée » d’un accompagnement. Si vous pouviez tout faire tout seul, tout de suite et facilement, ce serait trop beau. Il n’y aurait plus aucun problème sur terre et tous les hommes et toutes les femmes seraient heureux pour toujours comme dans les contes de fées… « And they lived happily ever after » 

Sauf qu’on est d’accord, ce n’est pas le cas. Je dirais même qu’en ce moment, on est loin du conte de fée..

Le thérapeute, il vous connait. Il vous connait d’une manière que vous ne vous connaissez pas. Il voit des aspects de vous-même, des facettes de votre personnalité, des programmations, et des croyances auxquelles vous n’avez pas accès car vous n’en avez pas conscience (comment connaitre un système dont on fait partie… et toute la philosophie du penseur qui observe ses pensées) *. Il sait quand vous est prêt à ouvrir certaines portes. Il sait quand vous pousser un peu, vous sortir des sentiers battus car vous avez construit suffisamment de ressources pour aller vous voir plus loin, et grandir, et vous épanouir davantage

Alors, pour en revenir à T., ce jour-là, je lui ai dit : « Ce à quoi je résiste persiste », et je lui ai proposé une exploration. Plutôt que de fuir cette peur, de l’ignorer, ou d’essayer de la vaincre à grands coups d’exercices de méditation, de respiration ou de visualisation, plutôt que d’essayer de s’en éloigner, nous sommes allés à la rencontre de cette peur. 

Je l’ai guidé vers une exploration fine et minutieuse. Nous l’avons regardée, observée, scrutée, questionnée. 

Où se trouve t’elle, à quoi ressemble t-elle. Est-elle statique ou mouvante ? dense ou diffuse ? Nous avons plongé en elle, totalement, profondément, jusqu’à aller la goûter, la déguster même, la savourer, pour la laisser exister, pleinement. Pour lui accorder la place et l’importance qu’elle réclamait à grands cris, ou plutôt à coups de boules dans le ventre et d’insomnies. Car cette peur était nécessaire. Cette peur était présente car elle avait un message à faire passer. Et il a fallu que T. l’entende, et l’accepte. Ce qu’elle avait à lui dire, ne regarde que lui. Mais je sais que T. est rentré chez lui serein et apaisé. Il n’avait plus cette peur au ventre, et il a pu dormir à nouveau.

Je finis cet article par cet extrait de Christiane Singer

« Il est essentiel de prendre soin de ce ciel en nous, invisible aux autres, de ce sanctuaire que la vie nous a édifié et que peuplent les messagers, ceux qui, de façon multiple, nous ont inspirés, conduits vers le meilleur de nous-mêmes. Dans tous les lieux habités par la souffrance se trouvent aussi les gués, les seuils de passage, les intenses noeuds de mystère. Ces zones tant redoutées recèlent pourtant le secret de notre être au monde, ou comme l’exprime la pensée mythologique : là où se tiennent tapis les dragons sont dissimulés les trésors.
L’espoir ne doit plus être tourné vers l’avenir mais vers l’invisible. Seul celui qui se penche vers son coeur comme vers un puits profond retrouve la trace perdue ». 

Christiane Singer,  Choisis la vie et tu vivrasStanke Alexandre,12 mai 2014

*Pour plus de renseignements, vous pouvez vous rapprocher des ouvrages de Jean Klein, Eric Baret, Ramana Maharshi, ou si vous lisez en anglais de the Untethered soul de Michael Alan Singer  

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